POUR L’ARRÊT DES POURSUITES,
POUR LA LIBÉRATION ET LE RETOUR EN FRANCE D’AURORE MARTIN.
POUR LE RESPECT DE LA LIBERTÉ D’EXPRESSION ET DES DROITS CIVILS ET POLITIQUES.
RASSEMBLEMENT A LILLE LE MERCREDI 7 NOVEMBRE A 17h30, PLACE DU GÉNÉRAL DE GAULLE
APPEL URGENT pour la militante basque Aurore Martin. Communiqué de : Comité solidarité Basque Lille – csblille@aol.com Dimanche 4 novembre 2012.
L’arrestation de la militante Basque, de nationalité française, Aurore MARTIN et sa livraison en « extrême urgence » aux tribunaux d’exception espagnols qui ont décidé de son incarcération à Madrid, tout aussi rapidement, ont provoqué de nombreuses protestations en France. Aurore Martin peut être condamnée à une peine de 12 ans de prison pour des actes politiques publics dans le cadre de ses activités en temps que membre de l’organisation Batasuna, interdite par l’Etat Espagnol mais pas par la france.
Malgré les déclarations du gouvernement socialiste français, des ministres plus directement concernés, Mr Valls et Mme Taubira, déclarant n’être pas intervenus dans cette décision expéditive à l’encontre d’Aurore Martin, une décision qui ne serait pas de leurs « compétences », qui ne serait que le respect du droit international, l’application du Mandat d’Arrêt International ne trompent personne. Cette décision montre à l'évidence la poursuite de la collaboration politique, policière et judiciaire de deux Etats, France et Espagne, qui désirent maintenir, de fait, un Etat de guerre pour empêcher la résolution d’un conflit politique ancien au coeur de « l’Europe Démocratique ».
La livraison expéditive d’une militante basque, de nationalité française, intervenant publiquement depuis de nombreuses années, « coupable » d’actes politiques qui ne font l’objet d’aucune poursuite judiciaire en France, son parti Batasuna étant légal en France, est une atteinte intolérable aux droits civils et politiques reconnus en France mais qui sont bafoués en Espagne depuis de nombreuses années.
En Espagne des militants de la gauche indépendantiste basque sont condamnés et incarcérés depuis de nombreuses années pour des actes politique publics identiques à ceux qui sont reprochés à Aurore Martin, ils le sont du fait de lois d’exception visant à rendre « invisible » toute représentation politique d’un mouvement politique, qui, ces derniers mois, a montré toute sa vitalité et sa lègitimité en réalisant lors des dernières élections des scores très importants.
L’engagement d’Aurore MARTIN et de la gauche indépendantiste basque est de permettre une résolution de ce conflit par des moyens démocratiques et pacifiés. Pour légitimer la poursuite d’une politique répressive contre les militants basques, les Etats continuent d’affirmé que l’existence d’une organisation « terroriste », ETA, ne permet aucun geste politique permettant une résolution du conflit, pourtant les déclarations répétées de l’ organisation socialiste révolutionnaire basque de libération nationale, ETA, sa volonté et sa décision d’abandonner définitement « sa lutte armée » , son « appel aux Gouvernements d'Espagne et de France à s'engager dans un dialogue direct pour surmonter les conséquences du conflit » sont ignorés par ces États, bien plus les deux États maintiennent une politique de négation, refusant d’avancer dans la résolution démocratique, sans violences de ce conflit.
Oui, ce qui est en question c’est le refus au droit des basques à décidé de leur avenir en commun, comme le montre les déclarations récentes du ministre Valls « de gauche » qui refuse « toute reconnaissance du Pays basque » et qui annonce, comme ses amis du gouvernement espagnol de droite , « la seule voie c’est la force et la répression » ! *Le comité solidarité basque de Lille dénonce les déclarations de guerre et les actes répressifs, des deux « Etats démocratiques » France et Espagne. *Il réaffirme sa solidarité et son salut fraternel avec la militante Aurore Martin, il exige l’arrêt des poursuites judiciaires, sa libération immédiate et son retour en France.
*Il dénonce l’application répétée du Mandat d’Arrêt Européen contre des dizaines de militants basques, arrêtés en france et remis entre les mains des forces de sécurités espagnoles qui continuent de pratiquer « des mauvais traitements » contre les militants basques. *Il réaffirme sa solidarité avec l’ensemble des prisonnier(e)s politiques basques emprisonnés en Espagne et en France, et tous ceux qui ont dû s’exiler en raison de leur engagement politique.(le Collectif comprend 607 prisonniers et prisonnières politiques basques, dispersés dans 84 prisons. 446 se trouvent dans l’État espagnol et 137 dans l’État français.)
Le 10 novembre 2012 à Bayonne la force visible, massive, de la solidarité sera la réponse aux exactions arbitraires et intolérables des États Français et Espagnol. Comité Solidarité Basque Lille. En pièce jointe une déclaration commune des comités de la solitarité avec le peuple basque :Bordeaux, Brest, Lille, Nantes, Paris et Rennes.
A tous et toutes, exprimez votre soutien et votre solidarité avec Aurore en lui écrivant maintenant : Aurore Martin
CENTRO PENITENCIARIO MADRID V
Ctra. Comarcal 611, km. 37,6
28770 Soto del Real (Madrid)Espagne
Déclaration au procès du 26 février 1987
"Madame, Monsieur.
Qu’un combattant arabe soit jugé par une Cour Spéciale en Occident, rien de plus normal. Qu’il soit traité de criminel et de malfaiteur, rien de vraiment nouveau, déjà les "bandits de l’Aurès"(1), les "terroristes" de Palestine, ainsi que les "fanatiques lépreux" d’Ansar et Khiam (2) ont été l’objet de ces honorables qualificatifs. Ils rappellent à tous ceux qui ont la mémoire courte le patrimoine de votre justice occidentale ainsi que votre civilisation judéo-chrétienne.
Mais que le criminel yankee (3), bourreau de tous les déshérités de la terre, soit, en plus, le représentant des prétendues victimes devant vous, il y bien de quoi alors s’abstenir de tout commentaire sur la nature de votre Cour ainsi que sur la tâche qui lui est assignée.
Si, de prime abord, le représentant de l’entité sioniste semble manquer à la scène, bien évidemment, ce n’est ni par pudeur ni par discrétion de votre part ; c’est pour la simple raison que cette entité n’est qu’une tête de pont occidentale, c’est une base opérationnelle des chiens de garde impérialistes, c’est un modèle miniaturisé de ce que nous réservent vos patrons à travers leur stratégie d’anéantissement et de balkanisation (4). Il va de soi que devant votre Cour, cette entité est déjà représentée : si ce n’est par son patron yankee, ce sera par son homologue l’avocat général.
Ne pas commenter la nature de votre Cour ne veut nullement dire cautionner son illégitimité, sans occulter non plus sa parfaite légalité qui illustre à juste titre le gouffre qui sépare votre monde légal de notre monde réel ; représentation authentique de la paix instaurée par votre système, maintenue par l’anéantissement de millions d’hommes dans nos régions des périphéries.
En dépit des souffrances de tous les peuples de la terre, vos patrons imposent la paix et la légalité de leur système criminel dont la guerre fait partie intégrante ; mais vous vous trompez si vous espérez que la guerre ne dépassera jamais plus les régions des périphéries.
Quarante ans après la libération de Paris, on voit persister dans votre pays une référence quasi obligée de tous vos patrons aux années d’occupation, référence mystifiante, larmoyante et vantarde ; elle occulte d’une part la lâcheté de tous ceux qui se foutaient des porteurs de l’étoile jaune, et qui n’ont découvert leur virilité qu’en soutenant les escrocs qui exploitent les terribles souvenirs d’Auschwitz et d’autres crimes de votre système ; et d’autre part, elle occulte aussi les raisons des actions illégales de ces "terroristes lépreux" de l’Affiche Rouge (5) et de leurs camarades qui sauvaient l’honneur de votre pays en se battant héroïquement contre l’ordre des criminels et de leurs fantoches. Ils se sont battus ici en France et ailleurs. Ils attaquaient là où ils pouvaient, foulant aux pieds toute légalité qui entravait leur légitime combat.
Quatre ans d’occupation de votre hexagone ont mis en lumière la criminelle légalité de votre système impérialiste et ont comblé d’honneur tous ceux qui s’étaient attachés à la légitimité de le combattre. Certes, ces "lépreux terroristes" n’étaient pas très nombreux et les généraux "Massu" (6) ne figuraient pas à titre d’exception dans leur mouvement, mais cela ne nous empêche pas d’espérer voir ressurgir de "nouveaux lépreux", beaucoup plus nombreux, dont le mouvement soit dépourvu des "Massu" et qui s’engagent dans le même combat des "pestiférés" du Moyen et Proche-Orient, de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique centrale pour mettre un terme à la légalité de votre paix garantie par la stratégie d’anéantissement de vos patrons dans nos régions périphériques. Heureusement, l’actualité ne dément pas nos espoirs.
Bien sûr, vous n’êtes pas ici pour parler politique, c’est clair, vous êtes ici simplement pour juger des actions qui ont perturbé la paix de votre ordre ; pour connaître le sens de cette paix "apolitique", rien de mieux que de se référer à un de vos sages patrons, un des garants de vos institutions [Mitterrand]. À la veille d’une de vos agressions contre notre peuple, ne déclarait-il pas : « Cette paix est mieux défendue par la guerre que nous faisons que si nous laissions aller les choses, elle est mieux préservée par notre action que par notre inaction ».
C’est cette paix, Messieurs, la paix des cimetières, que menacent les actions que vous prétendez juger. C’est la continuité de la guerre d’extermination perpétrée par Reagan, le leader de votre ordre, qui est menacée. C’est à la guerre impérialiste que votre Cour se donne le droit de faire un procès.
Non, Messieurs, votre Cour est loin d’être apolitique. Non, Messieurs, votre procès loin d’être légitime s’inscrit sur le drapeau légal de la guerre impérialiste menée contre notre peuple, balayant par là même les bonnes intentions de ceux qui jouent les bons offices auprès de vos patrons, ainsi que les illusions de ceux qui ont cru hypocritement que la vipère change de nature en changeant de peau.
Avec quelle sérénité et quelle indépendance prétendez-vous juger des actes de guerre en les isolant du processus général de l’agression impérialiste perpétrée contre notre peuple ? Dans quelle mesure, vous, représentants de l’impérialisme français, n’êtes-vous pas impliqués dans cette guerre ?
De quel cynisme doit être doté le représentant du criminel Reagan pour se présenter en victime et partie civile à Paris au moment où l’US Navy (7) prépare l’assaut de Beyrouth et autres cités arabes ?
Il faut avoir une certaine parenté avec Goebbels pour pouvoir faire avaler cette scène et qui d’autre que les instances impérialistes occidentales a droit à cette ordure de l’histoire et son infâme parenté !
Depuis bientôt plus de quarante ans, notre peuple subit les agressions de tout poil. Aucune arme ne fait défaut au champ d’expérimentation où notre peuple sert de cobaye. Du début du siècle jusqu’à nos jours, rien ne nous fut épargné par vos patrons, des plus infâmes conspirations aux plus criminels massacres. Anéantissement et balkanisation se conjuguent sous le drapeau mystificateur des droits de l’homme occidental. Anéantissement, les Américains et leurs chiens de garde sionistes se chargent actuellement de le perpétrer le plus cruellement possible. Balkanisation, vous occidentaux, Européens en l’occurrence, vous en êtes les architectes, les anges gardiens de sa continuité.
Notre pays, Messieurs, est occupé, notre peuple est déraciné. Les occupants, les agresseurs, sont des occidentaux blonds aux yeux clairs.
Ce ne sont pas des slogans de propagande, ce sont des femmes et des hommes en chair et en os éventrés, ce sont des gosses par centaines décapités. Chaque jour, il y a des morts, chaque jour il y a des avions qui bombardent et tuent, et des navires de guerre sèment la mort et la destruction. Chaque jour, vos colons ramassent de nouveaux otages, notre peuple des territoires occupés est otage et le reste est otage potentiel ou victime en puissance.
Certes, ni à Ansar ni à Ashkelon il n’y a de chambres à gaz, les bombes à dépression et autres fleurons de votre industrie en font la relève, et vos colons en sont parfaitement satisfaits, au moins jusqu’à maintenant. Tout se joue en fonction de la proportion des nouveaux colons que vous pouvez leur fournir ; mais tout se joue aussi en fonction de l’attachement de notre peuple à la légitimité de combattre l’ordre fournisseur de colons, votre criminel ordre.
Bien sûr, à votre grande satisfaction, l’édifice de balkanisation remplit toujours ses fonctions ; aussi longtemps que les prostitués-marionnettes de vos proxénètes sont en place, ils y resteront, rassurez-vous, à court terme.
Messieurs, je ne suis pas ici pour attirer votre attention sur la cruauté des massacres perpétrés contre notre peuple ; vous n’êtes pas, d’ailleurs, tellement étrangers à ces massacres. Je ne suis pas ici non plus pour solliciter une condamnation du bourreau ; déjà les plus hautes instances internationales nous en ont fournies assez, mais hélas, ces paperasses ne nous ont pas servi à grand-chose, ni en 1982, ni avant ni après, face aux fleurons de votre industrie meurtrière.
Je suis ici, Messieurs, pour vous demander simplement de bien vouloir laver vos mains maculées de notre sang et du sang de nos mômes, avant de prétendre nous juger, car celui qui accepte de fouler aux pieds le sang de vingt-cinq mille morts tombés au Liban lors de l’invasion impérialo-sioniste de 1982 ne peut qu’être le complice direct de Reagan et de Begin dans leur guerre d’extermination contre notre peuple.
Vingt-cinq mille morts en trois mois à l’honneur de votre paix, quarante-cinq mille blessés à l’honneur de votre justice. Quatre-vingt-dix jours et Beyrouth tenue en champ d’expérimentation des armes américano-israéliennes et pourtant l’administration Reagan est victime et partie civile à vos yeux ! Bien sûr, rien d’anormal dans tout cela, en dépit de l’illusion débile de ceux qui prétendent déceler une possible impartialité de la France impérialiste et de sa justice.
C’est ça, l’ABC de votre justice, le fond de ce procès et de ces accusations qui, par ailleurs, ne me sont que des honneurs que je n’ai pas mérités.
Si notre peuple ne m’a pas confié l’honneur de participer à ces actions anti-impérialistes que vous m’attribuez, au moins j’ai l’honneur d’en être accusé par votre Cour et de défendre leur légitimité face à la criminelle légalité des bourreaux, et je crie haut et fort : Foulons aux pieds toute entrave à la légitimité de notre combat. Foulons aux pieds la paix de tout ordre qui se manifeste chez nous en termes de "Paix en Galilée".
Je sais très bien que c’est cette position qui est à criminaliser, et c’est en fonction de cette tâche que votre justice est rappelée à l’ordre par l’administration Reagan.
En toute "indépendance" et "impartialité" vous avez obéi à l’appel, et en toute sérénité je vous réponds au nom de ce que je représente ici : ou bien il y aura la paix pour notre peuple arabe, et sur toute la terre arabe, ou bien il n’y aura la paix pour personne et nulle part.
Bien sûr, les criminels yankees et leurs homologues socio-démocrates vont crier haro sur les "terroristes fanatiques", ils enfreindraient les lois de la paix impérialiste et les règles élémentaires de la "tolérance" occidentale orchestrée à la cadence des obus du [cuirassé] New Jersey et des F-16 quand ce n’est pas à la cadence de ceux des Super-Étendard et des Jaguar.
Bien sûr, les esprits "tolérants" et "démocrates" ont bien de quoi s’indigner devant la montée du "fanatisme" et du "terrorisme international", ils n’oublient jamais d’afficher leur "solidarité humanitaire" avec la résistance contre l’occupant à la seule condition que les victimes obéissent aux lois des bourreaux, à savoir que la guerre ne devra jamais plus dépasser les régions des périphéries et ne devra plus jamais perturber leur criminelle paix.
Tout aussi compréhensibles, les préoccupations et la fureur des "civilisés" chevaliers de l’Occident des "droits de l’homme" et de la "liberté" face à ces "barbares pestiférés" du Proche et Moyen-Orient. Comment ne pas comprendre leur inquiétude et leur déception : alors que tous les chefs-d’œuvre de leur civilisation sont exposés sous l’œil bienveillant de leurs "droits de l’homme" et de leur statue de la "liberté", partout sur la terre arabe - que ce soit à Maaraké ou à Zrarié, à Bir el Abd (8) ou à Sabra et Chatila (9), à Benghazi ou à Tripoli (10), pour ne pas en citer d’autres — toujours la même obstination chez ces "barbares", déception qui rappelle, par ailleurs, celle de vos ancêtres quand, pour la même mission "civilisatrice", ils étaient allés pour des prunes aux abords de Damas.
Cet Occident impérialiste judéo-chrétien que vous représentez, Messieurs, n’a pas à se plaindre beaucoup de "l’incompréhension" de ses valeurs par notre Orient périphérique et musulman —accusé et criminalisé, agressé et dominé. Certes, on n’est pas encore arrivés à concevoir des statues de la liberté à l’égal du New Jersey et de ses canons, ou des F-16 et de leurs bombes, mais ne faut-il pas reconnaître qu’on est arrivés à les recevoir comme il se doit !!! (11)
Certes, on n’a pas encore érigé dans vos villes des statuettes de la "liberté" comme celle érigée à Bir el Abed (à titre d’exemple) et signée de la main de Reagan, ayant pour matériel le modique chiffre des quatre-vingt corps carbonisés et déchiquetés, mais là-dessus, je peux vous assurer qu’on saurait bien vous imiter.
Bien sûr, votre indignation est bien claire à l’égard de notre "intolérance" d’orientaux arabes et musulmans, mais faut-il signaler qu’on a bien compris votre "tolérance" exprimée par excellence par Sharon et ses hordes à Sabra et à Ansar, par Begin et Shamir à Kfar Kassem et Deir Yassin (12) ; et nous sommes bien convaincus qu’elle ne se limite pas à l’aire arabe et musulmane. Elle se manifeste aussi cruellement tout au long des périphéries de votre système : de la Grenade à l’Afrique du Sud, des frontières nicaraguayennes à celles de l’Angola, du Salvador et du Chili à la Corée du Sud et de la Malaisie, là où il y a yankee, patron de votre ordre, ou ses laquais, il y a la mort et la destruction.
Et pourtant il est partie civile et victime à Paris, ou plutôt c’est pourquoi il peut se présenter en partie civile à Paris au lieu d’être accusé à Nuremberg (13).
Bien sûr, il n’y a pas de raison pour que le bourreau soit accusé, ses victimes ne sont en fin de compte que des Arabes, des Africains, des Asiatiques et des Latino-Américains ; et leur extermination n’est ni un délit ni un crime pour la justice occidentale.
C’est dans cet état d’esprit que la chambre d’accusation a établi ses prétendues charges irréfutables contre moi.
Il est déjà bien clair votre Cour que je n’ai nullement l’intention de commenter ces prétendues charges, vous signalant simplement que comparativement appliquées, telles qu’elles vous sont présentées par la chambre d’accusation, elles sont aussi irréfutables contre "Monsieur tout le monde" en France.
Je tiens simplement à signaler, à vous qui avez le droit légal de me juger ainsi qu’à tous ceux qui ont la légitimité d’en faire autant, le fait suivant : je suis accusé d’assassinat et de complicité pour avoir été en France avant ou après des attentats.
Que dire alors de Monsieur Jean-Christophe Mitterrand qui était en Palestine occupée à Kfar Hanassi quand la soldatesque sioniste se livrait aux pires excès ?
Que dire de celui qui se rendait à Beyrouth sur les chars de Sharon en 1982 lors de l’invasion du Liban pour exprimer son soutien aux avant-gardes de votre monde "libre" [Léotard (14)] ?
Que dire de tous ceux qui livraient et livrent encore les fleurons de leurs arsenaux aux agresseurs de notre peuple, des Jericho 2 à tête thermonucléaire aux F-16 ?
Bien sûr, pour vous la comparaison ne tient pas debout, ils ne sont en fin de compte que des occidentaux, blonds aux yeux clairs, et surtout au service de la paix impérialiste.
Mais faut-il vous rappeler que votre argumentation ne saura être qu’une charge en plus devant ceux qui ont la légitimité de les juger.
Sachant bien que la lutte des peuples n’avance pas en fonction de la longueur des déclarations de ses combattants prisonniers, je remercie mes ravisseurs pour m’avoir laissé exprimer ce que j’ai à dire en dépit du régime d’isolement carcéral qui m’est appliqué.
M’adressant à vous ainsi qu’à mon père, de qui je n’ai plus de nouvelles, je vous répète la parole d’un combattant africain : « wotta sitta », ce qui veut dire en français : « le temps est juste » ou plutôt « c’est juste le temps de… », et je me retire de cette Cour, vous laissant le plaisir d’écouter le représentant du bourreau et sa défense vomir leur haine contre les déshérités de la terre.
A bas l’impérialisme et ses laquais !
La Victoire et la Gloire pour tous les peuples en lutte !
Georges Ibrahim Abdallah
Paris, le 23 février 1987.
Notes
(1) Allusion aux combattants du FLN pendant la guerre d’Algérie, qualifiés ainsi dans la presse française de l’époque.
(2) Ansar est un camp de concentration israélien, Khiam un camp de concentration et de torture de la milice fasciste libanaise "Armée du Liban Sud" qui était organisée, armée et financée par Israël.
(3) Rappelons que les USA était partie civile au procès de Georges Ibrahim Abdallah.
(4) La balkanisation est une politique impérialiste typique qui vise à "diviser pour régner", en fractionnant un pays ou une région en de multiples "États" indépendants et rivaux.
(5) Allusion à un groupe de résistants communistes de l’organisation FTP-MOI composée de travailleurs immigrés en France. Responsables de nombreux attentats contre les nazis et les collaborateurs, ils furent arrêtés, torturés et fusillés.
(6) Le général Massu allait tristement se distinguer pendant la guerre d’Algérie, à la tête de la division parachutiste.
(7) A l’époque du second procès de Georges Ibrahim Abdallah, la marine américaine bombardait les environs de Beyrouth, et l’arrière-pays, dans le cadre du conflit entre la résistance libanaise et la "Force internationale de maintien de la paix" déployée par les puissances impérialistes à Beyrouth après le retrait israélien. Les chasseurs-bombardiers de l’aéronavale et les canons du cuirassé New Jersey firent des dizaines de victimes. Les bombardiers Super-Étendard de l’aéronavale française participèrent aussi à ces bombardements.
(8) Localités libanaises où les bombardements américains provoquèrent un massacre de civils.
(9) Camp de réfugiés palestiniens où les fascistes libanais des Phalanges massacrèrent des centaines de civils libanais et palestiniens. Rappelons que les impérialistes imposèrent en août 1982 comme président au Liban le chef des phalangistes, Bechir Gemayel.
(10) L’aéronavale américaine venait de bombarder ces deux villes libyennes.
(11) La "Force internationale de maintien de la paix" avait subi une défaite écrasante au Liban ; des attentats avaient notamment anéanti les quartiers généraux des contingents américain et français, tuant des dizaines de militaires, et provoquant un retrait qui s’apparenta à une débâcle.
(12) Villages de Palestine dont la population fut massacrée par les sionistes.
(13) C’est à Nuremberg qui furent jugés les criminels de guerre nazis.
(14) Alors ministre de la défense du gouvernement français
Bonjour à tous,
Comité de soutien du Bassin Minier
Pour la libération de
Georges Ibrahim Abdallah
liberezgeorgesibrahimabdallah@gmail.com
Monsieur le Maire...
Labuissière, le 11 octobre 2012
10 146ème jour de détention pour Georges Abdallah
Monsieur le Maire,
Nous souhaitons attirer votre attention sur une injustice que la République Française perpétue depuis bien trop longtemps.
En effet, depuis 1984, Georges Ibrahim Abdallah est détenu en France, soupçonné d’avoir participé à l’élimination de deux agents de l’impérialisme, alors qu’aucune preuve de sa culpabilité n’a jamais été apportée.
Suite à l’invasion de son pays natal, le Liban, par Israël, Georges Ibrahim Abdallah s’est battu dans les rangs des Forces armées révolutionnaires libanaises (FARL) pour résister comme l’ont fait, en d’autres temps et sous d’autres cieux, Jean Moulin, Raymond Aubrac ou Charles De Gaulle. Georges Ibrahim Abdallah est bien un résistant comme l’ont aussi été nos concitoyens du Bassin minier à l’instar d’Emilienne Mopty ou d’Henri Bodelot.
En 2003, le tribunal de Pau décidait de sa libération. C’est l’Etat français qui, sur les injonctions des Etats-Unis et d’Israël, faisait alors appel de cette décision de justice favorable. Aujourd’hui encore, les Etats-Unis font pression sur la France pour maintenir Georges Ibrahim Abdallah en détention.
Aux côtés du comité « libérez-les ! », du collectif « Solidarité Georges » de Lille et de nombreux militants progressistes profondément choqués par cette injustice, nous luttons pour mettre fin à cette infamie. Aussi souhaitons-nous mobiliser les élus de la République française, dépositaires de la Souveraineté nationale que vous êtes, pour que justice soit enfin rendue à un homme qui, à 61 ans, n’a d’autre horizon que les barreaux d’une prison sur un territoire dit « de la liberté, de l’égalité et de la fraternité ».
Parmi les élus du Bassin minier, Christian Champiré, maire de Grenay, André Delcourt, maire de Calonne-Ricouart, ainsi que Serge Janquin, député de la 10ème circonscription, se sont inscrits dans cette dynamique de soutien à Georges Ibrahim Abdallah en le nommant « citoyen d’honneur » de leur commune ou en interpelant par écrit Christiane Taubira, ministre de la Justice, afin d’attirer l’attention sur le cas du plus ancien prisonnier politique de l’Hexagone.
Le 23 octobre prochain à Lannemezan où il est aujourd’hui incarcéré, le tribunal d’application des peines se prononcera sur sa 8e(!) demande de libération. Georges Ibrahim Abdallah est en effet libérable depuis 1999... Pour éviter qu’une fois de plus notre gouvernement s’oppose à une décision de libération, il nous paraît important que nos élus se manifestent dans le sens de la « justice » et donc en faveur de la libération de Georges Abdallah en train de pulvériser le triste record d’emprisonnement injustifié détenu par Nelson Mandela pour qui la France s’était pourtant mobilisée en force jusqu’à sa libération.
Comment peut-on encore aujourd’hui détenir un homme au simple motif qu’il s’est opposé à l’impérialisme et au massacre de ses concitoyens ? Au seul motif qu’il continue de manifester des convictions anti-impérialistes ?
Cette situation est intolérable et il est de notre devoir de se mobiliser, afin que le 23 octobre prochain, les juges se prononcent en toute logique pour sa libération immédiate et son retour auprès de ses proches.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Maire, à l'assurance de nos respectueuses salutations.
1944 – 1979 – 2012, n’oublions jamais Pierre Goldman.
Il y aura demain 33 ans, c’était le 20 septembre 1979, que Pierre Goldman est tombé sous les balles du groupuscule d’extrême-droite « Honneur de la police », il avait 35 ans et aurait aujourd’hui 68 ans.
Pierre Goldman, à la fois intellectuel et rebelle de terrain, a participé à la lutte révolutionnaire au Venezuela dans les années 60 auprès de Régis Debray, après des années passées aux Jeunesses Communistes et à l’Union des Etudiants Communistes.
Décrit comme un maoïste, il est en fait un écorché vif, un révolté qui verra en mai 68, une mascarade libertaire petite-bourgeoise et anticommuniste, jusqu’au moment où les ouvriers se mirent en grève.
La France de droite, conservatrice et haineuse du début des années 70, mettra sa tête à prix suite à des braquages qui lui sont attribués causant pour l’un d’eux, la mort de deux femmes.
Pierre Goldman, le rouge, sera dénoncé par un « indic », arrêté, mis à l’isolement pendant 9 mois, il ne reconnaîtra que 3 affaires mais jamais celle où il y avait eu des morts.
En 1974, 5 ans après les faits, il sera condamné à la prison à perpétuité. Soutenu par une grande partie de la gauche et par de nombreuses personnalités politiques et du monde la culture, il fait appel devant la Cour de Cassation. Le jugement de la Cour d’Assises qui l’a condamnée à la réclusion à vie est cassé, un nouveau jugement aura lieu à Amiens dans la Somme, où les meurtres ne lui seront plus attribués. Par le jeu des remises de peine, il est libéré et deviendra journaliste à Libération.
Pierre Goldman est assassiné le jeudi 20 septembre 1979, en pleine rue par quatre balles tirées à bout portant, place de l'Abbé-Georges-Hénocque dans le 13e arrondissement de Paris. Plus de 20 000 militants l’accompagneront au Père Lachaise lors de ses funérailles.
Les témoignages parlent d’un commando s’exprimant en espagnol, la police parlera d’un règlement de compte fomenté par la pègre.
Mais on ne peut s’empêcher de faire le lien avec les groupes fascistes et antimarxistes espagnols (fortement liés à l’OAS et à Ordre Nouveau) et notamment avec les membres de l’ultra-droite franquiste (AAA, GCR, BVE, CA, GAE, ATE), dirigés en sous-marins par la droite espagnole, notamment par José Barrionuevo, qui fût aussi un Ministre de l'intérieur.
Des militants de ces groupes de l’ultra-droite ultra-catholique, réapparaîtront plusieurs années plus tard en créant le GAL (Groupe Antiterroriste de Libération) composé de paramilitaires et policiers espagnols fascistes qui commettront de nombreux assassinats contre les militants indépendantistes (au Pays basque Nord et sur le sol français) jusqu’en 1987 (arrivée de Charles Pasqua, comme Ministre de l’Intérieur au 1ergouvernement de cohabitation).
Le lien devient une évidence entre le GAL et Honneur de la Police, qui est un appendice du SAC (Service d’Action Civique) animé un temps par Charles Pasqua et créé par Jacques Foccart, le « monsieur françafrique » du gaullisme qui fût aussi fortement lié à l’organisation nazie Todt (génie civil et BTP), elle-même liée à l’Opus Dei qui est à l’origine de l’organisation Odessa chargée, grâce à l’aide de la CIA et du MI5, d’évacuer les nazis vers l’Amérique du Sud (et notamment vers la Bolivie, le Paraguay et le Venezuela) après la chute du national-socialisme allemand.
Aussi, aujourd’hui nous devons avoir une pensée pour Pierre Goldman, communiste et juif antisioniste, qui fût il y a 33 ans, la victime d’un complot de l’extrême-droite européenne liée étroitement à la droite nationale française et aux services secrets internationaux des pays et empires colonialistes et impérialistes.

07/08/2012
G.C
Iñaki Imaz, soupçonné par le ministère espagnol de l’Intérieur d’être un membre d’ETA, a été arrêté hier matin à Hendaye. Il a été présenté au procureur de Pau dans l’après-midi qui lui a notifié le mandat d’arrêt européen (MAE) dont il est l’objet. Il a ensuite été laissé libre sous contrôle judiciaire dans l’attente de l’audience qui aura lieu ce matin à 10 heures et au cours de laquelle la cour d’appel de Pau examinera la validité du mandat.
Hier matin, des témoins ont affirmé au site Naiz.info que trois véhicules de police auraient bloqué celui d’I. Imaz. Ce dernier, qui circulait avec sa compagne enceinte et son enfant, se serait vu pointer une arme sur la tête.
L’homme, originaire de Donostia et âgé de 33 ans, est visé par un MAE délivré par la justice espagnole pour “collaboration avec une bande armée”.
Le ministère de l’Intérieur espagnol a diffusé un communiqué de presse dans lequel il estime qu’Imaz ferait partie de “l’appareil politique” d’ETA. Mais, en contradiction avec ce communiqué, des sources policières citées par l’agence Europa Press assurent qu’I. Imaz n’aurait pas un rôle important au sein d’ETA actuellement.
D’après les médias espagnols, I. Imaz serait en fuite depuis 2007 et sur la liste des membres d’ETA les plus recherchés depuis 2010. Il lui serait reproché d’avoir prêté un appartement à Donostia à un autre membre présumé d’ETA.
Selon des sources de la police antiterroriste citées par les médias espagnols, I. Imaz aurait vécu ces dernières années en Irlande. Des témoignages recueillis par Naiz.info font, eux, état d’une vie publique à Hendaye où il vivait avec sa compagne, enceinte, et son enfant. Le tribunal de Pau l’a d’ailleurs libéré considérant que les garanties de représentation étaient suffisantes.
Pour protester contre cette arrestation, environ 50 personnes se sont rassemblées hier à Hendaye tandis qu’un autre rassemblement avait lieu à Donostia.
L’histoire démontre que les Etats-Unis ne soutiennent jamais les véritables révolutions mais les attaquent violemment
Le 18 juillet, une énorme explosion a tué ou gravement blessé plusieurs hauts officiels de la sécurité syrienne. Tandis que « l’Armée Syrienne Libre » revendiquait l’attentat à Damas, l’opération hautement sophistiquée portait la marque non pas d’un groupe paramilitaire crée récemment, mais celle de la CIA ou du Mossad.
L’attentat fut salué par le Secrétaire à la Défense US Leon Panetta comme le signe d’un « véritable élan » pour l’opposition soutenue par l’occident. Le New York Times, dans un article daté du 19 juillet en première page, exaltait les auteurs de l’attentat pour le « perfectionnement » de leur technique. La Maison Blanche et le Département d’Etat ont aussi exprimé une satisfaction à peine voilée.
Il serait impossible d’imaginer de tels propos dans la bouche des responsables politiques de Washington et New York et leurs propagandistes des grands médias devant un véritable mouvement progressiste ou révolutionnaire.
Le 19 juillet était aussi le 33ème anniversaire de la victoire d’une véritable révolution, celle dirigée par le Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN) au Nicaragua .
A l’époque, il n’y a eu aucun louange adressé au FSLN, ni dans les couloirs du Congrès ni dans les médias capitalistes. L’administration Carter fit tout son possible pour empêcher le FSLN de prendre le pouvoir contre le régime brutal et totalement corrompu d’Anastasio Somoza qui avait régné pendant plus de quarante ans. La fin de la dictature Somoziste ne fut obtenue que grâce à l’esprit combattif, l’organisation et le sacrifice des Sandinistes.
Les prouesses héroïques des combattants sandinistes contre la Garde Nationale de Somoza, créée et armée par les Etats-Unis, ne furent jamais exaltées dans les grands médias. Aucun article ne fut publié pour saluer comment les jeunes combattants du FSLN « perfectionnaient » leur technique à tel point qu’ils furent capables, pratiquement sans aucune aide de l’extérieur, de battre une Garde Nationale beaucoup mieux armée.
Au contraire, s’il y avait des divergences d’ordre tactique au sein des cercles dirigeants – reflétées dans différents journaux, télévisions et radios concurrents – le consensus sur les objectifs était total et ce dès le début : il fallait détruire la révolution sandiniste.
Le 10 juillet 1979, un article du New York Times a ouvertement qualifié le rôle des Etats-Unis comme « arbitre décisif de l’avenir politique du Nicaragua ». L’article ajoutait que l’administration Carter, « a fait savoir que la démission du Général Somoza ne prendrait effet que lorsque les Etats-Unis seront satisfaits de la composition et du programme politique du régime qui succédera... Les Etats-Unis ont convaincu Somoza de retarder son départ jusqu’à ce qu’il ait, selon les termes d’un officiel US, « neutralisé » les éléments radicaux de l’opposition. »
Au mois de juillet 1979, le nombre de morts s’élevait à un peu moins de 50.000 - la plupart des civils victimes de la Garde Nationale - dans un pays de moins de 2.5 millions d’habitants. La majorité du pays était en ruines. Mais l’administration Carter n’a eu aucun scrupule à prolonger les combats, et ajouter encore plus de morts à un bilan déjà épouvantable, afin d’atteindre ses objectifs : maintenir la domination des Etats-Unis en Amérique centrale.
Lorsque le nouveau gouvernement du FSLN refusa de courber l’échine devant les diktats de Washington, le peuple du Nicaragua fut soumis pendant dix ans à une punition extrême. Les Etats-Unis ont autorisé Somoza à vider les caisses d’un pays dévasté lorsqu’ils lui accordèrent l’asile.
Des sanctions économiques sévères furent imposées au Nicaragua, un des pays les plus pauvres du continent. Le port principal du pays fit miné par la marine US et un embargo total imposé en 1985.
La CIA créa, finança et arma une armée paramilitaire sanglante de contre-révolutionnaires connue sous le nom dela Contra. Plus de 50.000 Nicaraguayens ont été tués dans les années qui ont suivi. La tactique employée par lesContras était le meurtre, le viol, la torture et la destruction. Ils tuaient des médecins, des infirmières, des enseignants ; ils incendiaient les cliniques, les écoles, les coopératives. Leurs dirigeants étaient de voyous choyés par le Congrès et les Présidents américains.
Aujourd’hui, la CIA coordonne l’armement et de nombreuses opérations de « L’Armée Syrienne Libre », et décide quelles sont les forces qui doivent recevoir des armes (New York Times, 21 juin 2012). Les services de renseignement US ainsi que ceux des pays ex-colonisateurs du Moyen-Orient, la Grande-Bretagne et la France, avec les Israéliens, font sans doute beaucoup plus.
Le Conseil National Syrien, un groupe composé principalement d’opposants de longue date et généralement inconnus, sont traités par les Etats-Unis et ses alliés comme le futur gouvernement légitime.
Les dirigeants US appuient totalement la révolte ALS/CNS en Syrie pour la même raison qu’ils se sont opposés à la révolution sandiniste et ont soutenu les Contras au Nicaragua. Ils sont confiants que la victoire de l’opposition syrienne sera aussi leur victoire, et un pas de plus vers une domination totale des Etats-Unis au Moyen-Orient.
Richard Becker
http://www.pslweb.org/liberationnews/news/watching-syria-rem...
Traduction « l’ennemi de mon ennemi n’est pas forcément mon ami, mais l’ami de mon ennemi est généralement mon ennemi. Je répète... » par VD pour le Grand Soir avec probablement le fautes et coquilles habituelles
Bradley Manning est à nouveau entendu par la justice américaine du 16 au 20 juillet 2012 à Fort Meade dans le Maryland. Le jeune soldat américano-britannique, âgé de 24 ans, risque une peine de 52 ans de prison pour avoir transmis à Wikileaks des documents militaires sur les guerres en Irak et en Afghanistan.
"Taupe" pour les uns, "lanceur d’alerte" pour les autres, Bradley Manning, analyste militaire de l’armée américaine, devra répondre de 22 chefs d’accusation devant la Cour Martiale, dont celui de collusion avec l’ennemi, après une série d’audiences préliminaires, devant le tribunal militaire de la base de Fort Meade, qui ont débuté au mois de décembre 2011 (1) et dont les prochaines ont été fixées du 16 au 20 juillet, puis du 27 au 31 août 2012. (2)
Arrêté en juin 2010 par la Criminal Investigation Division (unité chargée d’enquêter sur les violations des lois militaires au sein de l’armée américaine), le jeune soldat a été désigné par les autorités américaines comme étant l’informateur qui aurait transmis à Wikileaks la vidéo du raid aérien du 12 juillet 2007 à Bagdad ainsi que de nombreux documents confidentiels. (3)
Diffusée en avril 2010 par Wikileaks sous le titre de Collateral Murder, la vidéo montrait la vue aérienne d’un hélicoptère de combat américain ouvrant le feu sur un groupe de civils parmi lesquels se trouvaient deux reporters, puis deux enfants lors d’une seconde frappe de l’armée. Une vingtaine de personnes avaient été littéralement pulvérisées et les blessés achevés par de puissants tirs provenant de deux hélicoptères Apache (hélicoptères d’attaque conçus pour des missions antichar). (4)
Suite à la diffusion de la vidéo qui avait provoqué une vaste tempête médiatique à travers le monde, le porte-parole de Wikileaks, Julien Assange, avait également fait l’objet de recherches pour être interrogé, tandis que les militaires américains, responsables de la tuerie, n’avaient pas été inquiétés.
Actuellement incarcéré à la prison de Fort Leavenworth, Bradley Maning, 24 ans, est détenu dans des conditions particulièrement restrictives qui ont été dénoncées par un rapport de l’ONU qualifiant celles-ci de "traitement cruel, inhumain et dégradant". (4) Le jeune homme aurait été classifié "à tort" comme potentiellement suicidaire dans le but de le punir. Manning a été soumis à l’isolement maximal (Maximum Custody Detainee) durant huit mois consécutifs et contraint de dormir entièrement nu afin de prévenir le risque de suicide, selon le Pentagone. Ces mesures auraient été levées mais il demeure enfermé 23 heures par jour et reste menotté aux mains et aux pieds durant les visites. (5)

Au mois de décembre 2011, les avocats de la défense avaient mis en avant sa fragilité émotionnelle liée selon eux à son homosexualité. Bradley Manning était âgé de 21 ans seulement au moment de son arrestation. Depuis le mois de juin dernier, comme ils le réclamaient, les avocats du jeune soldat ont été autorisés par la juge militaire Denise Lind à accéder à davantage de documents officiels, notamment ceux de la CIA et du FBI. (6)
Depuis que l’affaire a éclaté, de nombreuses manifestations de soutien ont été menées à travers le monde, comme en Allemagne, en Irlande, aux Pays-Bas, au Canada, en Australie et dans plusieurs grandes villes des Etats-Unis (Washington, San Diego, Oakland, Boston). Le comité de soutien de Manning (Bradley Manning Support Network) continue son action afin, notamment, de lever des fonds pour couvrir les frais d’avocat du jeune soldat estimés à quelques 130 000 $, auquel se sont joint le rélisateur Mickaël Moore et Daniel Ellsberg, qui avait lui-même fourni Les papiers du Pentagone pendant la guerre du Viêt Nam. (7)

Pourtant, deux ans après l’arrestation et l’emprisonnement de Bradley Manning, les médias semblent se désintéresser du cas du jeune homme qui risque 52 années de prison pour avoir révélé un crime de guerre.
L’accusation devrait à présent tenter de démontrer que le jeune militaire avait l’intention délibérée de fournir des informations à Al-Qaïda lorsqu’il a transmis au site internet de Wikileaks la vidéo du raid et de nombreuses dépêches militaires (9) Bradley Manning n’a pas encore fait savoir s’il plaiderait coupable ou non coupable.
Marie Duvivier
(1) Première comparution de Bradley Manning devant la justice militaire (article Euronews) :http://fr.euronews.com/2011/12/16/wikileaks-premiere-comparu...
(2) Site d’information et de soutien à Bradley Manning : http://www.bradleymanning.org/
(3) Bradley Manning (article Wikipédia) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bradley_Manning
(4) Raid aérien du 12 juillet 2007 à Bagdad (article Wikipédia) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Raid_a%C3%A9rien_du_12_juillet_...
(5) La taupe de Wikileaks a subi "un traitement cruel", selon l’ONU (article Le Nouvel Observateur) :http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120305.OBS2945/la-tau...
(6) Le soldat Manning, source de Wikileaks, "puni" en prison (article Le Figaro) :http://www.lefigaro.fr/international/2011/01/26/01003-201101...
(7) La justice ordonne la remise de documents à la défense de manning (article rtl) :http://www.rtl.be/info/monde/international/888410/wikileaks-...
(8) Pentagon Papers (article Wikipédia) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pentagon_Papers
(9) Comparution de Bradley Manning le 16 juillet 2012 (article Afreeknews) : http://www.afreeknews.com/sports.php?sport_id=1572
A voir aussi, Bradley Manning, un coupable idéal (vidéo Arte) : http://videos.arte.tv/fr/videos/etats_unis_bradley_manning_u...
Dans « l’impérialisme est l’ennemi des peuples : le cas de la Libye », nous avons écrit : « Profitant de la révolte du peuple libyen contre le régime de Kadhafi devenu despotique et anachronique, l’impérialisme américain et son caniche européen tentent par tous les moyens d’intervenir en Libye pour installer un régime qui servira leurs intérêts (…) Le peuple libyen serait alors privé de sa révolution, de sa richesse et connaîtrait une situation aussi tragique que celle que subit actuellement le peuple irakien ou afghan par exemple » (1). Aujourd’hui cette tragédie est de plus en plus évidente.Règlements de comptes, torture, violence ethnique, corruption généralisée, milices surarmées formées d’anciens « rebelles » se retournant les unes contre les autres, tribus réclamant leur autonomie, pouvoir central impuissant et compagnies pétrolières étrangères pompant allègrement le pétrole du peuple libyen, voilà à quoi ressemble la Libye après l’intervention impérialiste.
Du 27 juin au 1er juillet 2012, des affrontements entre tribus rivales ont fait 47 morts et plus d’une centaine de blessés dans le sud-est libyen (2). Dans le sud-ouest et plus précisément dans les villes de Mizdah et Al-Chakika des combats entre les tribus de Zentan et d’Al-Machachiya ont fait 105 victimes et des centaines de blessés. En avril 2012, des groupes armés s’affrontaient près de Zouara à 80 km de Tripoli (3). Les différentes milices (plus de 100 rien qu’à Tripoli !) non contentes de s’entretuer, font régner une véritable terreur sur l’ensemble du territoire libyen. Leurs trafics notamment d’armes et d’alcool dégénèrent en règlements de comptes violents : « Chaque milice a son quartier et une véritable économie de la violence s’est mise en place. Il y a de l’alcool, des armes, des trafics des luttes d’influence. Tout cela dégénère très vite en règlements de comptes ; on a tous les ingrédients d’une guerre civile larvée... » disait Patrick Haimzadeh ancien diplomate français (4). Dans son dernier rapport sur la Libye, Amnesty International constate que « un an après le soulèvement, des milices au comportement ’anarchique’ commettent des violations massives ». Les milices de Misratah et de Zintan « ont ainsi chassé de chez eux tous les habitants de Tawargha, soit environ 30 000 personnes, et ont pillé et incendié leurs logements en représailles contre des crimes que des Tawarghas sont accusés d’avoir commis pendant le conflit. Des milliers de membres de la tribu des Mashashyas ont eux aussi été forcés à quitter leur village par des miliciens de Zintan. » (5) Il ne s’agit là que de quelques exemples de ces crimes, de ces affrontements entre tribus, milices et autres seigneurs de guerre. Malgré cette « guerre de tous contre tous », la production de pétrole assurée par des compagnies étrangères, quant à elle, coule à flots. Elle a même retrouvé son niveau d’avant l’intervention impérialiste !
La violence, l’arbitraire et l’anarchie, au mauvais sens du terme, font partie intégrante du quotidien des libyens auxquels l’OTAN avait pourtant promis démocratie, liberté, respect des droits de l’Homme et tutti quanti. Non seulement le Conseil National de Transition (CNT) tolère ces crimes, mais il les encourage. Ainsi le 2 mai 2012, le CNT a voté une loi(loi 38) protégeant les responsables de ces exactions si elles ont pour but de « promouvoir ou protéger la révolution » (6).
L’intervention impérialiste a brisé également l’unité du peuple libyen. En mars 2012, la Cyrénaïque, un tiers du territoire, où se trouve l’essentiel des ressources pétrolières et gazières a proclamé son autonomie. Son Conseil intérimaire est dirigé par le prince Ahmed Al Zoubaïr al Senoussi petit neveu du roi Idriss Al Sanoussi.
A quelques jours des élections de l’assemblée constituante du 7 juillet 2012, des incidents violents se sont produits dans cette région de l’est libyen.
Le 1er juillet 2012, des hommes armés ont saccagé les bureaux de la commission électorale de Benghazi pour protester contre la répartition des sièges dans la future assemblée constituante qui devrait être élue le 7 juillet. Ils réclament pour la Cyrénaïque un nombre de sièges égal à celui des des deux autres régions, la Tripolitaine (ouest) et le Fezzane (sud). Le 5 juillet, c’est le dépôt contenant le matériel électoral qui a été incendié à Ajdabiya. Le 6 juillet, un fonctionnaire de la commission électorale a été abattu. Son hélicoptère, qui transportait des urnes, a été la cible des tirs d’armes légères (7). Le 7 juillet, un homme hostile aux élections a été tué dans un échange de tirs à Ajdabiya.
La Cyrénaïque comme d’ailleurs les Toubous (ethnie du sud d’origine africaine) appellent au boycott du scrutin du 7 juillet 2012.
Berbères, Toubous et autres Touaregs revendiquent, eux, leur spécificité culturelle et linguistique (8) et les tensions avec les tribus arabes dominantes se règlent souvent les armes à la main faisant plusieurs dizaines de morts. L’éclatement de la nation libyenne, construction récente et fragile, en entités plus ou moins indépendantes du pouvoir central et dominées par des tribus s’entretuant mutuellement est un risque réel, conséquence directe de l’intervention impérialiste.
L’autre conséquence directe de l’intervention militaire occidentale en Libye est le morcellement du Mali. Car si l’OTAN n’avait pas envahi la Libye et imposé un CNT à sa solde, jamais le Nord du Mali n’aurait pu être occupé par le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) et ses alliés islamistes. L’occupation de vastes territoires maliens est rendu possible grâce à la complicité des États-Unis, de la France et de leurs serviteurs locaux regroupés dans la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Les armes qui ont permis aux assaillants de s’emparer des deux tiers du territoire malien provenaient des arsenaux libyens. Le Qatar qui a participé à la guerre en Libye et qui finance avec l’Arabie Saoudite l’opposition syrienne, apporte son soutien financier, sous couvert d’aide humanitaire, aux mouvements armés qui agissent au nord du Mali. « Le gouvernement français sait qui soutient les terroristes. Il y a le Qatar par exemple qui envoie soi-disant des aides, des vivres tous les jours sur les aéroports de Gao, Tombouctou etc. » disait Sadou Diallo maire de Gao (9). Mais ce que le maire n’a pas compris, c’est que la France dont il demande l’intervention militaire, travaille main dans la main avec le Qatar sous la houlette des États-Unis qui, eux, agissent bien sûr à travers l’OTAN mais aussi à travers l’AFRICOM (Commandement militaire des États-Unis pour l’Afrique ). Ce commandement leur permet non seulement de contrer la présence chinoise en Afrique, mais aussi et surtout de s’approprier les immenses richesses minières et pétrolières du continent. C’est dans ce cadre général qu’il convient de situer l’intervention impérialiste en Libye et ses prolongements au Mali.
L’intervention impérialiste en Libye a fait des dizaines de milliers de victimes innocentes. Elle a détruit l’essentiel de l’infrastructure économique du pays. Elle a brisé l’unité de la nation libyenne. L’impérialisme américain et son supplétif européen ont imposé au peuple libyen par la violence un pouvoir sans légitimité aucune, mais qui leur est totalement soumis. Les bourgeoisies occidentales, à travers leurs compagnies, peuvent désormais pomper, tels des vampires, le pétrole libyen en toute quiétude. Mais ces rapaces sont insatiables. Leurs visées impérialistes portent maintenant sur le sous sol de tout le Sahel africain en exploitant les mécontentements des populations marginalisées par les régimes en place. La destruction de la Libye rappelle étrangement la destruction de l’ex-Yougoslavie, de l’Irak, de l’Afghanistan, de la Côte d’Ivoire et bien d’autres États encore.
Aujourd’hui, l’impérialisme américain et européen avec l’aide de leurs alliés locaux (Arabie Saoudite, Qatar, Turquie etc.) sont en train de détruire la Syrie pour imposer, là encore, un pouvoir à leurs bottes. Toutes les nations qui n’ont pas les moyens militaires pour se défendre sont des cibles potentielles de l’impérialisme. Cette violence exercée sur des peuples sans défense est intimement liée aux fondements même du système capitaliste dont le seul et unique but est la maximisation du profit par tous les moyens. Rien n’arrêtera cette minorité d’exploiteurs d’exercer sur l’immense majorité d’exploités, à travers le monde, une répression et une cruauté sans limite pour atteindre leur objectif. La résistance et le combat pour la destruction du capitalisme doivent être planétaires.
Mohamed Belaali
Son cas a fait le tour du monde. Victime d’un montage et accusé d’être l’un des leaders de la guérilla des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), Miguel Ángel Beltrán a été emprisonné pendant deux ans. Aujourd’hui innocenté et libre, il nous parle de la persécution qu’il a vécu pour avoir exprimé des critiques sur le gouvernement et le conflit en Colombie.
Miguel Ángel Beltrán semble avoir le moral, mais ses yeux ne cachent pas la souffrance vécue.
Sociologue et professeur d’université de 48 ans, ce Colombien qui a enseigné à l’Université nationale de Colombie a été arrêté et emprisonné en mai 2009 après avoir été accusé d’être, sous le pseudonyme « Jaime Cienfuegos », l’un des plus hauts dirigeants des FARC. Après avoir passé deux ans dans la prison de La Picota, à Bogota, accusé de rébellion et de conspiration, il est sorti innocenté.
Les éléments de preuves l’incriminant avaient été manipulés. Selon le gouvernement, elles se trouvaient dans l’un des ordinateurs du chef de la guérilla, Raul Reyes, tué à la frontière avec l’Équateur dans le cadre de l’opération Phoenix, à l’époque de la présidence d’Alvaro Uribe.
Les informations contenues dans l’ordinateur ont servi à incriminer des Colombiens qui auraient menacé la sécurité nationale. Parmi eux des personnages bien connus – et tout aussi innocents : l’ex-sénatrice Piedad Cordoba, les membres du Congrès Wilson Borja et Carlos Lozano, mais aussi les présidents du Venezuela et de l’Équateur, Hugo Chavez et Rafael Correa.
Beltrán a été accusé d’entretenir des communications avec Reyes. Cependant, les preuves avancées étaient des documents Word (donc facile à manipuler) et la Cour suprême colombienne ne les a pas acceptées comme valables.
Le professeur a dénoncé les violations des droits humains et les agressions sur sa personne durant sa réclusion. Il affirme que l’ensemble du processus est le résultat de la persécution de ceux qui expriment une pensée critique face à la position du gouvernement dans le conflit colombien.
Lors d’une visite en Grande-Bretagne, il s’est entretenu en exclusivité avec The Prisma pour expliquer son affaire, ainsi que la situation colombienne après plus de 60 années de conflit.
Quelle est actuellement votre situation juridique et personnelle ?
La décision du juge après le procès a été de déclarer mon innocence. Mais le bureau du procureur général a ouvert une procédure disciplinaire destinée à m’éloigner de l’université et à m’interdire toute fonction publique. Un moyen de me faire taire. Je crains qu’ils réussissent car c’est un organe politisé qui a déjà rendu des décisions visant à réduire au silence l’opposition.
D’autre part, après ma sortie de prison, j’ai reçu des menaces et j’ai été harcelé par les médias officiels de Colombie. Cela m’a forcé à quitter le pays en septembre car il n’y a rien qui est fait pour assurer ma sécurité. Je suis loin de mes enfants et de ma femme.
Comment se sont passées les retrouvailles avec votre famille et vos collègues ?
C’était très touchant et encourageant de sentir le soutien et l’appui de ma famille, de mes étudiants, de mes collègues et de toute la communauté nationale et internationale. C’est toujours ça de gagné malgré ce que j’ai vécu et même si cela a été douloureux : cette campagne de solidarité a été si vaste qu’elle s’est étendue à d’autres prisonniers qui sont encore dans les prisons colombiennes.
Comment faire pour récupérer son image lorsque dans le monde entier on a été montré du doigt comme un leader des FARC ?
Il reste encore une stigmatisation. Ce qui est recherché quand on persécute quelqu’un, c’est de l’isoler. Personnellement, c’est très négatif. Mais je pense que dans mon cas, l’intention s’est inversée parce que mon innocence et le coup monté ont pu être démontrés.
Comment avez-vous ressenti le moment où vous avez été emprisonné au Mexique ?
Pour moi, c’était une surprise. Je suis allé à un rendez-vous avec un fonctionnaire, j’étais accompagné de ma femme et d’un avocat. Ils m’attendaient à l’extérieur et ils n’ont jamais été informés de quoi que ce soit. C’est par les médias qu’ils ont vu que j’étais présenté comme un terroriste.
Comment s’est passé votre séjour dans la prison de La Picota ?
J’ai été mélangé avec des personnes déjà condamnées, dont certaines étaient même accusées d’être des paramilitaires. Ce qui était une menace pour ma vie parce que dans mes écrits, j’avais dénoncé les liens entre les paramilitaires et l’État. Ma condition de fonctionnaire public n’a pas été reconnue. J’aurais eu droit à être emprisonné dans d’autres pavillons que ceux de haute sécurité. Il y a 10.000 personnes dans la situation que j’ai vécue. Le droit à la défense est violé, leurs familles ne peuvent pas venir les voir, ils vivent dans des conditions de surpeuplement, sans soins médicaux et la nourriture est de très mauvaise qualité.
Qu’est-ce qui vous a fait tenir ?
En premier lieux mes convictions. Penser que notre lutte était juste et qu’un abus avait été commis. Et aussi toute la solidarité internationale et celle de l’université. J’ai donc décidé de continuer mon enquête sur la situation des prisonniers colombiens et celle d’autres acteurs du conflit comme les guérilleros et les paramilitaires.
Y a t-il eu des irrégularités dans votre procès ?
Dès le début, tout était illégal. Je me trouvais au Mexique pour présenter une thèse au Centre d’études latino-américaines de l’UNAM. Je n’ai pas été arrêté parce qu’il n’avait pas de mandat, tel que démontré par ma défense, mais c’était un enlèvement et une disparition forcée : pendant sept heures j’ai été détenu secrètement et torturé jusqu’à ce que je sois remis aux autorités colombiennes.
Ensuite, les preuves qu’ils ont utilisées au cours de la procédure provenaient du « fameux » ordinateur de l’ancien chef de la guérilla Raul Reyes. Mais cette preuve n’a jamais été présentée. Ils avaient soi-disant des e-mails censés me relier à lui, mais il s’agissait de documents Word. Comme l’ont reconnu un rapport d’Interpol et les témoins de l’accusation : il n’y avait pas de « traçabilité » de l’origine de ses messages. Il y a eu manipulation par des personnes qui avaient saisi l’ordinateur. Les documents ont été modifiés et l’information a été manipulée.
Selon vous, qui voulait vous accuser et vous voir en prison ?
Cela s’est passé au plus haut niveau de l’État, avec le président Alvaro Uribe. C’était très clair. Le lendemain de mon arrestation, il a déclaré lors d’un événement public qu’un enseignant qui était dans « le vice du terrorisme » et qui était le terroriste international le plus dangereux des FARC avait été arrêté. Il a également remercié le gouvernement mexicain et son président Felipe Calderón pour ce travail. Il y avait donc un accord bilatéral entre les deux gouvernements pour créer cette situation. Quant à l’enquête, le général Oscar Naranjo, ancien chef de la police nationale de Colombie, a participé directement à ce processus. Il a également été démontré que l’État colombien avait payé des fonctionnaires mexicains pour me filer.
Vous étiez un universitaire. Quelle partie de votre travail pouvait gêner ?
Cela s’est déroulé dans le contexte de la politique dite de « sécurité démocratique ». Dans cette perspective, la plupart des universitaires qui ont critiqué cette politique ont été repérés, puisque, par décision présidentielle, il était établi qu’en Colombie il n’y avait pas de conflit armé, il était même interdit de le dénoncer. Pour le gouvernement, il y avait une démocratie et une menace terroriste. Nous, par nos écrits, avons dénoncé les violations flagrantes des droits humains en Colombie et cela allait à l’encontre de l’image qu’ils voulaient présenter au niveau international. Au cours du procès, beaucoup de mes textes ont été utilisés comme s’ils avaient été commandés par la direction des FARC.
Quel est le but ultime de cette persécution ?
Je ne pense pas que ce soit tant le procès de Miguel Ángel Beltrán, mais de ce qu’il représente en tant que pensée critique face aux politiques gouvernementales et à l’activité syndicale. Une façon de délégitimer notre réflexion et nos travaux est de vouloir faire croire que les guérilleros se seraient infiltrés à l’université.
L’actuel président de la Colombie, Juan Manuel Santos, a reconnu l’existence d’un conflit armé.
Je reste très méfiant quand je regarde la trajectoire de Santos car il était le ministre de la Défense d’Uribe. Il est indéniable que son discours agressif du passé a changé, mais les mots sont restés. La proclamation sur la Loi des Victimes a été importante parce que c’est une façon de reconnaître le conflit, mais il y a des conséquences que Santos ne veut pas assumer comme le fait qu’il existe des prisonniers politiques. Le gouvernement a déclaré qu’il n’y avait pas de prisonniers de ce type, alors qu’il suffit juste de se rendre dans une prison pour se rendre compte que ce n’est pas vrai.
Il y a des choses sur lesquelles il faut enfin dialoguer. Je pense que nous sommes à un moment important, qu’il y a une pression internationale et un sentiment largement répandu dans le peuple colombien en faveur de la paix. Si Santos veut vraiment s’y engager, il devrait déjà initier des actions en ce sens.
Vous pensez qu’il est possible d’engager un dialogue avec les FARC ?
Je crois en la nécessité de ce dialogue et je pense qu’il peut avoir lieu dans la mesure où il y a une pression internationale. En ce moment, des secteurs de la société colombienne sont en train de mener des campagnes pour chercher une issue politique et « dialoguée » du conflit. Mais ce processus doit être accompagné d’une réelle volonté du gouvernement d’initier des transformations, des changements structurels nécessaires en Colombie. Il ne s’agit pas seulement de s’asseoir. Ce dont la Colombie a besoin, c’est, par exemple, d’une réforme agraire et d’une solution pour un large segment de la population vivant dans la pauvreté absolue.
Le conflit colombien semble sans fin ...
Mon séjour à Londres m’a permis de connaître l’expérience irlandaise. Il y a vingt ou trente ans, il était impensable qu’un tel processus se mette en marche, et je pense que s’il y a une volonté et une décision politique, c’est possible. Bien qu’actuellement, il n’y ait pas de perspectives optimistes, je sens que c’est possible en Colombie. Rappelez-vous cette phrase : « L’heure la plus sombre est celle qui précède l’aube ».
Considérez-vous les FARC comme un groupe terroriste ?
Non. Et il est important qu’en Colombie l’opinion change parce que quand vous dites à l’échelle internationale que les FARC ne sont pas un groupe terroriste, cela fait immédiatement de vous un ami de la guérilla. Alors qu’il ne s’agit pas de ça. Je considère qu’ils sont un acteur politique, qu’ils font partie de l’histoire colombienne, qu’ils sont une réponse à la violence de l’État.
Comment les médias se sont-ils comportés avec vous ?
Les médias officiels ont essayé de gagner ce qu’ils n’avaient pas obtenu au procès. Des articles et des éditoriaux ont été écrits pour dire qu’un terroriste était libre par la faute de la justice. En Colombie, cela équivaut à vous clouer au pilori et à faire de vous une cible des groupes paramilitaires. La relation entre les médias et le pouvoir économique est très étroite, ils sont utilisés comme un outil pour faire taire ceux qui ont une pensée critique face au gouvernement. Par exemple, le quotidien El Tiempo, a longtemps été détenu par la famille Santos, l’actuel président. Cependant, je voudrais distinguer deux types de médias. Les officiels, qui ne garantissent pas mon droit à la présomption d’innocence, et les médias alternatifs nationaux et internationaux qui ont été un soutien très important pour faire connaître la réalité de cette affaire.
Comment lutter contre les tentatives de réduire au silence ?
Dans mon cas, par exemple, la vérité s’impose. Maintenant que je suis sorti de prison, je pense que je peux pas rester silencieux. Si quelque chose est resté chez moi, c’est bien la conviction que nous taire ne va pas changer cette réalité. Je suis profondément attaché aux prisonniers que j’ai rencontrés et je vais continuer à lutter pour la défense de la pensée critique, pour qu’en Colombie les idées puissent librement s’exprimer et pour qu’existe un pluralisme.
Merci à Tlaxcala
Traduit par Cédric Rutter
Edité par Fausto Giudice فاوستو جيوديشي Source : http://www.theprisma.co.uk/es/2012/06/24/miguel-angel-beltra...
Date de parution de l’article original : 24/06/2012
URL de cette page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=7665
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SOLIDARITE AVEC CHRISTIAN ET SONJA
Une manifestation est organisée le 7 juillet devant la prison à Francort où est détenue Sonja Suder pour demander sa remise en liberté.
Nous avons dans un précédent article décrit la décision absurde et intolérable qui conduit à son maintien en détention.
On peut lire aussi sur le site stopextraditions une analyse de cette décision d\'injustice et un appel à participer à la manifestation du 7 juillet. Il est possible de se mettre en relation avec les militants de ce comité pour un départ groupé.
linter sera présent aussi à cette manifestation. Vous pouvez aussi nous joindre si vous souhaitez vous rendre à Francfort.
Le rendez-vous est devant
La prison de Preungesheim,
Obere Kreuzäckerstraße 4
à 15 heures.
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Dimanche 3 juin 2012 : marche pour Emilienne MOPTY !
« Ami, entends-tu le bruit sourd du pays qu’on enchaîne ! »
« Montez de la mine, descendez des collines, camarades ! »
Le 30 avril 2011, l’association Front Solidaire honorait et commémorait à Bruay-la-Buissière le 70ème anniversaire de la 1ère grande grève insurrectionnelle des Mineurs contre l’occupation nazie et ses collaborateurs du patronat des mines, qui s’était déroulée du 27 mai au 9 juin 1941 avec comme point de départ la fosse du Dahomey.
Parmi ces héros de la Classe Ouvrière, Émilienne MOPTY, une courageuse mère de famille et femme de mineur, qui prend la tête des manifestations de femmes, à Hénin-Liétard le 29 mai et Billy-Montigny le 4 juin. Ce mouvement des femmes s'étend rapidement et un peu partout, se forment des rassemblements qui barrent l'entrée des fosses et exhortent les mineurs à continuer la grève malgré les difficultés de ravitaillement.
Ces femmes, insoumises, au courage extraordinaire, françaises, immigrées ou issues de l’immigration et de la mixité de la classe ouvrière, manifestent leur colère devant les bureaux des compagnies : à Liévin, à Hénin-Liétard (Hénin-Beaumont), à Billy-Montigny... Et, pour les disperser, les forces de l’occupation nazie n'hésitent pas à faire usage de la violence et de leurs armes. Malgré les intimidations et les arrestations, la grève se poursuit avec détermination : les nazis occupent les puits, le couvre-feu est instauré et les lieux publics, cafés, cinémas... sont fermés. Tous les rassemblements de personnes sont interdits, le paiement des salaires est suspendu, les cartes de ravitaillement ne sont plus distribuées. Les arrestations se multiplient, des hommes et des femmes sont dénoncés par les employeurs et emmenés par la gestapo dans les prisons de Loos, Béthune, Douai et Arras. Deus casernes sont transformées en camp d'internement : la caserne Kléber à Lille et la caserne Vincent à Valenciennes.
La machine de production de guerre nazie se paralyse, et la détermination des grévistes et des familles force le patronat et les nazis, à lâcher sur des revendications (pain-beurre-savon…), mais le climat de terreur et la faim sont tels que les mineurs reprennent le travail le 10 juin 1941.
Le bilan est lourd : Plus de 500 militants syndicaux et communistes sont arrêtées ; 270 mineurs sont déportés en Allemagne, en juillet 1941 ; 130 y laisseront la vie ; d'autres sont fusillés comme otages au cours de l'année 1941… Mais ils ont permis d’inscrire le mot « RÉSISTANCE » en lettre d’or sur le blason de la Classe Ouvrière et de son syndicat, la CGT.
La camarade et courageuse Emilienne MOPTY, dénoncée par les informateurs du patronat, est arrêtée par la Gestapo puis déportée, elle sera décapitée devant la cathédrale de Cologne le 18 janvier 1943… Chaque syndicaliste se doit d’honorer sa mémoire comme pour Guy Mocquet.
Ce 3 juin 2012, est organisée « la marche Emilienne MOPTY », dans un esprit de souvenir, de résistance et de fraternité.
« A l’image de cet esprit de résistance et de fraternité, nous marcherons le dimanche 3 juin pour nos revendications et pour montrer notre détermination à faire vivre la fraternité et la solidarité de classe entre tous. Vient qui veut. Seul ou en cortège. Couleur rouge de rigueur en drapeau ou en habit. Fanfares et instruments appréciés. »
Rassemblement et départ
du Puits Dahomey
à MONTIGNY-EN-GOHELLE
à 15h3O
Arrivée aux Grands Bureaux à
BILLY-MONTIGNY
Soirée débat sur les Bédouins du Néguev
et projection du film «Reconnus» d’Ori Kleiner
le mercredi 30 mai 2012 dès 19h
à l’espace culturel Ronny-Coutteure de Grenay.
En présence de Rudolf Bkouche
de l’Union juive française pour la Paix (UJFP)
et de Nabil El Haggar, universitaire représentant
de la communauté palestinienne du Nord
Renseignements au 03 21 45 69 50
à l'invitation de :
Christian CHAMPIRÉ, maire
et les membres du Conseil Municipal
Les membres du Comité «Libérez-les !»
de soutien aux prisonniers
et réfugiés politiques